Pour rester un peu dans l'esprit "religieux", il faut savoir qu'en Alsace et Allemagne, pendant longtemps ce n'était pas le père Noël qui ramenait les cadeaux, mais le Christkindel.

Bon, déjà on dit LE Christkindel, donc c’est masculin. Sauf que… dans l’imagerie populaire germanique, le personnage à les traits d’une jeune fille portant une couronne ornée de 4 bougies.

Pour connaitre son origine, il faut aller chez les Celtes, une figure féminine incarnait la fertilité. Elle annonçait le cycle prochain de la nature. Chez les Scandinaves, on retrouve une autre femme "Sainte-Lucie". Elle ressemble à s’y méprendre à Christkindel avec ses 4 bougies sur la tête.

Saint-Nicolas purement et simplement congédié ! Au 16e siècle la rupture avec le catholicisme eut pour conséquence de faire évoluer les traditions locales. Jusqu’à la Réforme, Saint-Nicolas était vénéré le 6 décembre. Or, les protestants n’étaient pas du tout favorables au culte des saints.

Mais par qui le remplacer ? Un emblème de la naissance de l’Enfant Jésus la nuit de Noël. Au beau milieu du 16e siècle, on créa de toute pièce un énième donateur de cadeaux : le Christkindel. Le sapin de Noël décoré fut encouragé par les réformateurs pour remplacer la crèche de Noël. Le grand marché de la Saint-Nicolas à Strasbourg fut remplacé en 1570 par un marché de Noël proprement dit dédié au Christkindel.

Relativisons la place centrale que tenait le Christkindel. Car Saint-Nicolas n’avait pas complètement disparu du paysage et restait encore ancré dans le cœur des Alsaciens. Si la Réforme protestante inventa le Christkindel, c’est dans les pays allemands catholiques que sa tradition s’est maintenue aujourd’hui. Les protestantes allemandes ont depuis cédé au charme du père Noël, dont l’ancêtre n’est autre que… Saint-Nicolas ! Et pour enfoncer le clou, la tradition du Christkindel a tellement évolué qu’on a aujourd’hui oublié sa signification. Et c’est à peine si les enfants alsaciens connaissent son existence !

En Alsace, le Christkindel est remis à l’honneur depuis les années 1990 et occupe une place dans l’imagerie populaire, conjointement avec le développement des marchés de Noël.

Ce personnage représente la joie, la bonté et surtout le non-genre, car il n'est ni femme ni homme.